Libération, le 25 mars 2025, publié aujourd’hui à 15h43
Un juge turc a ordonné mardi le placement en détention provisoire de sept journalistes, dont le photographe de l’Agence France-Presse, Yasin Akgül, accusé par les autorités d’avoir participé à un rassemblement illégal, a annoncé son avocat à l’AFP.
Le journaliste, dont l’avocat a annoncé son intention de faire appel de la décision, a fait valoir lors de son audition qu’il ne faisait que couvrir la manifestation en soutien au maire emprisonné d’Istanbul, Ekrem Imamoglu et principal rival de Recep Tayyip Erdogan, à laquelle il est accusé d’avoir pris part. Yasin Akgül, salarié de l’AFP, avait été interpellé à l’aube lundi à son domicile, en même temps que neuf autres journalistes à Istanbul et Izmir (à l’ouest), la troisième ville du pays. Un procureur d’Istanbul a requis mardi le placement en détention de sept d’entre eux, selon l’un de leurs avocats.
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Plus de 1 400 arrestations
«C’est la première fois qu’un journaliste clairement identifié comme tel, dans l’exercice de ses fonctions, est envoyé en détention sur la base de cette loi contre les rassemblements et les manifestations. Cette décision scandaleuse reflète une situation gravissime en cours en Turquie», a déclaré à l’AFP Erol Onderoglu, représentant de l’ONG Reporters sans Frontières en Turquie.(souligné par la rdct OTC)
Le chef du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), principale force de l’opposition à laquelle appartient le maire emprisonné d’Istanbul, a appelé à un nouveau rassemblement mardi soir. De son côté, le gouvernorat d’Ankara a décidé de prolonger l’interdiction de manifester jusqu’au 1er avril. Plus de 1 400 personnes ont été arrêtées depuis le début des manifestations. Parmi elles, 979 manifestants se trouvaient mardi en garde à vue, tandis que 478 personnes avaient été déférées devant des tribunaux, a annoncé le ministre turc de l’Intérieur, Ali Yerlikaya.