France Culture, Emission Chrétiens d’Orient, Sébastien Courtois (podcast), image: Chœurs en exil (film) realisé par Turi Finocchiaro, Nathalie Rossetti

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Tout le long de son cheminement, Aram Kerovpyan va à la rencontre des témoins du passé, des restes oubliés de la mémoire chantée des Arméniens d’Anatolie et d’ailleurs. Il se souvient et tente de reculer le moment où le chant traditionnel et liturgique disparaîtra. Cet art est menacé. Les générations actuelles s’intéressent peu à la transmission de cette culture même si certains continuent d’y croire. En compagnie de Virginia, et par le biais d’une chorale, ils chantent non seulement pour les Arméniens, à l’intérieur des églises, mais aussi dans des ateliers de travail, partout en Europe, dans des concerts, ou lors de rencontres en Turquie avec des villageois kurdes ou turcs où leurs chants rappellent un souffle de vérité. Ces chants sont « religieux » dans le plus beau sens du terme, c’est-à-dire qu’ils relient les hommes entre eux. Ils relient la terre au ciel, les morts aux vivants, les Arméniens aux Turcs, les fils des victimes aux fils des bourreaux.

L’ensemble Akn a pour vocation de raviver et de développer l’interprétation traditionnelle du chant liturgique arménien. Les représentations de l’ensemble reflètent le travail développé sous la direction d’Aram Kerovpyan depuis 1990, qui a abouti à la création du Centre d’études du chant liturgique arménien, fondé en janvier 1998 à Paris. Akn signifie en arménien classique « œil ». Il a été utilisé pour dire « espoir », « source », « le centre de la croix où croisent le poteau et la traverse ».