Thèse de doctorat de SU EROL, soutenue à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, le 19.09.2019

Directeur de thèse: Bernard HEYBERGER

Jury: M. Anastassiadou-Dumont (INALCO), Emma Aubin-Boltanski (CNRS / CéSor), Patrick Michel (EHESS), Heleen MURRE-AN DEN BERG (Université de Radboud, Nijmegen), Valentine Zuber (EHESS)

Résumé de la thèse: Cette thèse interroge la vision essentialiste qui désigne les chrétiens orientaux comme des communautés immobiles situées hors de l’histoire en mettant l’accent sur l’émergence des nouvelles dynamiques sociales des Syriaques orthodoxes d’Istanbul en Turquie contemporaine. S’appuyant sur les données historiques ainsi qu’ethnographiques elle tend à déconstruire le discours communautariste identitaire des fidèles et avance que ce qu’on nomme aujourd’hui l’identité Syriaque orthodoxe contemporaine dans le contexte turc, s’est construite dans une longue durée et est en train de se construire par le biais des interactions continuelles avec les identités environnantes, c’est-à-dire l’identité turque musulmane, kurde, arménienne, catholique latine et protestante. Cette identité se construit beaucoup par contact, opposition et mimétisme avec l’identité nationale turque dominante, les autres identités chrétiennes, et l’identité musulmane majoritaire. A ces facteurs, l’influence du nationalisme assyrien diffusé par des réseaux transnationaux s’ajoute et ceci grâce à l’expansion radicale des mouvements de personnes et des développements technologiques, entraîné par le processus de mondialisation. Dans la présente thèse nous suggérons également que l’identité syriaque contemporaine ne présente plus un aspect monolithique qui se caractérise par une mentalité traditionnelle et rurale. Au sein d’une métropole diversifiée et un terrain diasporique comme Istanbul, marquée par la multiplicité des cultures, on constate chez les fidèles l’émergence des nouveaux bricolages en terme religieux ainsi que des différentes modalités de croire liées à une modernité qui se traduit par l’individualisme et le transnational