Hérodote. 2013, 148(1), p. 171-182.; La Découverte, 2013. Language: French, Base de données: Cairn.info

Il y a depuis de nombreuses années en Turquie une demande citoyenne pour une nouvelle Constitution, celle de 1982 étant le fruit du coup d’État du 12 septembre 1980 et reflétant la mentalité du régime militaire. Après les élections de juin 2011, les quatre partis représentés au Parlement ont décidé de mettre en place un Comité de conciliation afin de rédiger la nouvelle Constitution – comité composé de trois représentants de chaque parti politique, quelle que soit leur représentation au Parlement. La société civile a largement participé au débat mais, in fine, c’est le Comité qui la rédige ; cependant, quel sera l’effet de la participation de la société civile sur la rédaction ? La question est importante car la société turque et sa politique sont profondément divisées entre Turcs séculiers et urbanisés et Turcs islamistes et conservateurs, et des différences irréconciliables entre les quatre partis peuvent conduire à l’échec, sauf si la société civile les oblige au compromis. Mais, au vu du glissement actuel vers un régime autoritaire, il n’y a aucune raison de croire que l’AKP recherche l’établissement d’une Turquie plus démocratique à travers l’établissement d’une nouvelle Constitution.

There is a growing demand for a new constitution in Turkey given that the 1982 constitution resulted from the September 12, 1980, coup d’état and reflects the military regime’s state of mind. After the June 2011 elections, the four parties represented in the parliament set up a Conciliation Committee—made up of three members of each party irrespective of whether they are represented in parliament or not—to draft a new constitution. The civil society has largely participated in the debate but it is up to the committee to draft the text. Nevertheless, the civil society’s influence on the drafting process is still an open question. This question is important because Turkish society and politics are deeply divided between secular urban Turkish and conservative Islamist Turkish. Irreconcilable differences between the four parties could lead to failure unless a compromise can be imposed by civil society. The current shift towards an authoritarian regime makes it unlikely that the AKP is working towards a more democratic Turkey by making a new constitution.