Hérodote. 2013, 149(2), p. 53-65.; La Découverte, 2013. Language: French, Base de données: Cairn.info

Le dossier arménien, comprenant la reconnaissance du génocide des Arméniens de 1915 et les relations arméno-turques actuelles, obère les relations entre les États-Unis et la Turquie. Perçues à Washington comme stratégiques, bien qu’elles aient connu des hauts et des bas, elles se passeraient bien des complications impliquées par le « problème » arménien. La reconnaissance du génocide de 1915, que la Turquie refuse avec véhémence, est un dossier particulièrement difficile vu de Washington, puisque l’administration américaine cherche à ménager son allié turc mais peine, de plus en plus, à ne pas reconnaître officiellement le génocide de 1915. D’autant que, d’une part, de nombreux acteurs non institutionnels mais aussi institutionnels américains et internationaux l’ont reconnu, et que, d’autre part, il faut aussi ménager la communauté arménienne des États-Unis qui, organisée en lobby, tolère de plus en plus mal que son pays refuse de reconnaître l’événement historique dont elle est issue.

The Armenian issue—the Armenian Genocide of 1915 and current Turkish-Armenian relations—hampers relations between the United States and Turkey. These relations are perceived as strategic in Washington although they have suffered some difficulties these past few years. However, they are greatly complicated by the recognition of the 1915 Armenian Genocide, which Turkey firmly opposes. The US administration has not recognized this genocide, in order to “spare” its Turkish ally, but it becomes increasingly difficult to maintain such a stance. On the one hand, the United States is quite isolated on this issue—many national and international non-institutional and institutional actors have recognized the genocide—and on the other hand, the United States is pressed to recognize the genocide by Armenian-American lobbies who refuse to accept the fact that their country does not recognize the historical event linked to their ancestry.