Hérodote. 2013, 148(1), p. 33-46.; La Découverte, 2013. Language: French, Base de données: Cairn.info

La Turquie a connu une évolution de sa politique étrangère depuis quinze ans. L’AKP, une fois arrivé au pouvoir en novembre 2002, a montré son ambition de faire de la Turquie une puissance régionale. La « nouvelle » politique de « zéro problème avec les voisins » d’Ahmet Davutoglu s’est concrétisée à travers un ensemble d’événements : activité de l’AKP dans la médiation des crises au Moyen-Orient, discours de Tayyip Erdogan contre Israël qui ont rendu populaire la Turquie dans les populations arabes, rapprochement, jusqu’à l’été 2011, avec la Syrie, voie d’accès politico-économique vers le Proche-Orient. Le résultat économique de cette politique est positif pour la Turquie mais inquiète l’Occident. Cependant, ce changement de politique turc est antérieur à l’arrivée d’AKP puisque déjà mis en œuvre par Ismail Cem, ministre des Affaires étrangères jusqu’en juillet 2002 ; les gouvernements de l’AKP ne font que le développer sous une approche différente.

Turkey’s foreign policy has experienced some changes over the last15 years. There was a growing ambition of making Turkey a regional power soon after the AKP won the November 2002 national elections. A series of events helped define Ahmet Davutoglu’s “new” policy of “zero problems with neighbors” up to 2011: the AKP’s proactive attitude towards the mediation of Middle East crises, Tayyip Erdogan’s speeches against Israel that gave rise to Turkey’s popularity among Arab populations up to the summer of 2011, the reconciliation with Syria, and the political and economic drive towards the Middle East. The economic result of this policy has a positive impact on Turkey, but creates political concerns in the west. However this “policy change” came about during Ismail Cem’s tenure as a foreign affairs minister, which ended in July 2002. The AKP governments developed it further but in a different way.