Hérodote. 2008, 129(2), p. 109-122.; La Découverte, 2008. Language: French, Base de données: Cairn.info

L’Arménie n’est pas une priorité de la politique étrangère américaine en Eurasie. Toutefois, vu de Washington, un certain nombre de spécificités, comme sa position géostratégique ou encore l’influente diaspora arménienne des États-Unis, donnent à cette république du Caucase méridional un intérêt particulier. Elle est aussi une alliée stratégique de la Russie et entretient de bonnes relations avec l’Iran. Ainsi, sans précipitation mais de façon soutenue, les États-Unis des gouvernements Clinton puis Bush ont peu à peu avancé des pions en Arménie, notamment par l’aide financière qu’ils lui octroient tous les ans et une coopération militaire remarquée via l’Otan. Forts d’une certaine influence dans ce pays, les États-Unis disposent donc d’une «carte» arménienne, qu’il pourront tenter d’abattre si nécessaire dans leur «grand jeu» avec la Russie, ainsi que contre l’Iran, voire la Turquie.

Armenia is not a top priority of the US foreign policy in Eurasia. Nevertheless, from a Washingtonian point of view, a number of specificities, such as its geostrategic position or its influential American diaspora, make this Caucasian republic of special interest to the US. It is also a strategic ally of Russia and it shares good relations with Iran, two countries respectively considered regional competitor and enemy of the US. For these reasons, both Clinton and Bush administrations have shown their interest for Armenia. Bit by bit, they have gained influence in this country. The most notable vectors of this influence are the financial assistance provided each year to Armenia and the military cooperation, particularly via Nato. Therefore the US now have an Armenian «card» in their game, a card they might want to play against Russia, Iran and possibly Turkey, or in any geopolitical recomposition of the region.