Hérodote. 2012, 145(2), p. 104-117.; La Découverte, 2012. Language: French, Base de données: Cairn.info

Peut-on considérer que le maillage de communautés diasporiques établies sur le pourtour de l’océan Indien induit une interdépendance sécuritaire qui autorise à considérer cette région comme un véritable « complexe de sécurité » ? Dans les pays riverains, l’importance du fait diasporique (indien, yéménite, somalien, philippin ou chinois) tout comme le développement de stratégies d’influence régionale (Inde, Iran, voire la Chine ou la Turquie) apportent une réelle cohérence à une vision d’une aire économique et culturelle propre et non plus d’un simple espace de transit maritime. Les menaces qui pèsent sur la sécurité de cette région ne peuvent pas être considérées indépendamment de ces flux et de ces réseaux transnationaux. Les idéologies légitimant le recours à la violence reposent aujourd’hui moins sur un socle national ou ethnique (à l’exemple des Tigres tamouls) que religieux. On assiste à la diffusion à une échelle régionale d’un type de violence essentiellement intermusulmans (antichiites ou anti-ahmadis), mais d’autres violences confessionnelles pourraient naître, particulièrement dans les zones où le rapport entre populations « autochtones » et « allogènes » demeure tendu.

Does the networking of diasporic communities established along the Indian Ocean Rim create security interdependence that could be correctly labeled a “security complex”? The importance of diasporas in the region–?Indian, Yemeni, Somali, Filipino, and Chinese–?as well as the growing regional influence of nations like India and Iran or China and Turkey overseas, brings coherence to a more visible economic and cultural area. This transnational network of influence will be taken into account when looking at future threats to the security of the Indian Ocean. Ideologies legitimizing violence might be currently less of a national or ethnic nature, like the Tamil Tigers movement in the past decades, than of a religious one. Today, growing religious radicalism on the regional scale mainly concerns Muslims in anti-Shia or anti-Ahmadi violence, but other religiously motivated violence could occur in the future, particularly in places where the relationship between “native” and “alien” groups of the population remains fragile.