Le mois dernier près de 10 000 migrants sont arrivés en Grèce. Ce taux d’arrivée n’est encore qu’une fraction du pic qui marqua l’année 2015. En effet précise le New York Times lorsqu’en octobre 2015, au plus fort de la crise, l’île de Lesbos était le point d’accès principal à l’Europe pour les migrants – principalement les personnes fuyant la guerre civile syrienne- au plus fort de la crise, plus de 210 000 avaient fait leur entrée à l’Europe par cette île.

Cependant ce récent accroissement survient alors que le président Recep Tayyip Erdogan menace verbalement de laisser un grand nombre de migrants traverser la Turquie pour se rendre en Grèce. Il utilise cette carte pour forcer les politiciens européens à laisser la Turquie étendre sa main mise sur le nord de la Syrie. Il l’a dit “Dans le cas contraire nous serons contraints d’ouvrir les frontières”. L’augmentation du mois d’août montre qu’il ne s’agit sans doute pas d’une menace en l’air. Mais ajoute le New York Times si Erdogan tente de créer une nouvelle crise des réfugiés en Europe, il dispose de moins de leviers qu’en 2015.

Pendant qu’il menace l’Europe d’une invasion de réfugiés le gouvernement de M. Erdogan a accéléré l’expulsion des Syriens de Turquie cet été. Par ailleurs plus de 80 pour cent des migrants qui ont débarqué à Lesbos en août 2019 étaient originaires d’Afghanistan. Les conditions de plus en plus précaires en Turquie et en Iran, où au moins un million d’Afghans vivent en exil, ainsi qu’en Afghanistan même, ont conduit de nombreux réfugiés afghans à se rendre en Europe.

Seulement 5 pour cent des migrants arrivant à Lesbos en août dernier venaient de Syrie. Ceci laisse à penser que peu de Syriens se sentent encore suffisamment anxieux pour quitter la Turquie. En 2015, les nouveaux arrivants pouvaient se rejoindre rapidement le continent grec, puis se diriger vers l’Allemagne. Mais aujourd’hui, les migrants sont confinés sur les îles grecques, la plupart du temps dans des camps surpeuplés et sordides.

“Sur Lesbos, environ 10 000 personnes ont été entassées en Moria, un camp construit pour seulement 3 100 personnes. Bien que l’Union européenne ait alloué environ 1,9 milliard de dollars au gouvernement grec pour subventionner le bien-être des réfugiés, la Grèce a refusé d’améliorer les installations par crainte d’encourager davantage de migrants. Les résidents d’ici passent parfois jusqu’à un an dans des tentes en lambeaux et jusqu’à 12 heures par jour à faire la queue pour la nourriture, qui est souvent épuisée avant que tout le monde soit servi.” New York Times

Probablement une conséquence de ce surpeuplement à Moria sur l’île de Lesbos un incendie s’est déclaré à l’intérieur du camp dimanche 29 août comme le rapporte Ouest France au moins deux migrants sont morts et les réfugiés en colère ont ensuite déclenché des émeutes. Dans ce camp où s’entassent des migrants dans l’espoir d’obtenir l’asile sur le sol européen le nombre de maladies mentales explose. Le camp accueille environ 13 000 personnes, alors que les installations ne sont prévues que pour 3000 personnes.

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