Pris dans son jeu anti-occidental la Turquie s’est mise en difficulté en commandant des missiles sol-air S-400 à la Russie tout en étant impliquée dans le programme américain des avions furtifs F-35 qu’elle a commandés et payés. Le Pentagone a annoncé depuis longtemps que l’acquisition des S-400 était incompatible avec les équipements américains.

Le porte-parole de l’armée de l’air américaine, le lieutenant-colonel Mike Andrews a déclaré à Reuters le 3 juillet dernier : “Rien n’a changé” concernant les sanctions que les Etats Unis se préparent à imposer à la Turquie si elle maintient sa décision de se faire livrer les anti-missiles S-400 russes.

Cependant après avoir rencontré le président américain Donald Trump ce week-end au Japon (29-30 juin), le président turc Tayyip Erdogan a déclaré qu’Ankara serait épargné par les sanctions américaines. Et pendant ce sommet M. Trump s’est montré aimable envers M. Erdogan lors des pourparlers et plutôt réticent à s’engager publiquement à prendre des sanctions – bien que les journalistes l’aient questionné à plusieurs reprises à ce sujet.

La première des sanctions que la Turquie risque si elle reçoit ce système russe sera son exclusion du programme américain des avions-chasseurs F-35, la suspension des achats, l’arrêt de la participation industrielle à ce programme et le risque de sanctions en vertu de la loi intitulée Countering America’s Adversaries through Sanctions Act (CAATSA) ” “L’achat par la Turquie du système russe de défense aérienne et antimissile S-400 est incompatible avec le programme F-35. La Turquie ne sera pas autorisée à avoir les deux systèmes “, a dit M. Andrews rapporte Reuters le 3 juillet.

Dans le cas d’une exclusion du système des avions furtifs F-35, bien que payés par la Turquie ces avions ne lui seraient pas livrés, le programme de formation des pilotes turcs aux États Unis serait interrompu et les entreprises turques du programme seraient lésées. Sans compter le mécontentement de l’armée dont les F-16 sont menacés d’obsolescence.