DILEK YANKAYA, Press Universitaires de France, 2013

La Turquie a vu au cours de la dernière décennie la montée en puissance d’une nouvelle bourgeoisie islamique, grâce à la libéralisation économique et à la démilitarisation de la politique. Les victoires électorales du Parti de la justice et du développement (AKP) dirigé par le premier ministre R.T. Erdogan, issu de cette nouvelle bourgeoisie enracinée dans les couches montantes de l’Anatolie, témoignent depuis 2002 de la prégnance de ce groupe d’intérêt dans les structures de pouvoir.

À travers une enquête auprès de dirigeants de PME appartenant à l’organisme patronal islamique (MÜSIAD), cet ouvrage analyse leur rapport à la religion dans leur action politique et leur stratégie entrepreneuriale, dans la cons-truction de réseaux de solidarité, ainsi que le contrôle social qui s’exerce sur les employés.

À l’heure où les « printemps arabes » se sont traduits par l’arrivée au pouvoir de partis islamistes pour lesquels la Turquie représente un modèle, il est fondamental de connaître les ressorts de celui-ci, et les spécificités nationales qui ne le rendent pas aisément transposable.